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180 000 morts par brûlures tous les ans, on en parle ?

Les brûlures représentent un fléau considérable. En France, ce sont des milliers de personnes par an qui sont touchées par cette problématique dont on parle peu. À l’échelle mondiale, le phénomène s’accentue dans les pays en voie de développement, avec des causes et des séquelles souvent méconnues.

Chaque année, 180 000 personnes meurent de brûlures dans le monde selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé). En Asie du Sud-est, les brûlures font plus de victimes chez les femmes que le Sida ou le paludisme. En France, plus de 8 500 personnes ont été hospitalisées pour brûlures en 2011, selon l’Institut de veille sanitaire. Parmi elles, 219 sont mortes des suites de leurs blessures. En comparaison, en 2014 en France, la grippe a fait 317 morts, le Sida a causé 359 décès et la mort subite a vu mourir 157 nourrissons. Des causes pour lesquelles il existe des campagnes d’information et de prévention.

On s’intéresse moins aux brûlures sans doute parce que chacun s’est déjà brûlé une fois de façon plus ou moins superficielle et qu’il en a guéri. Pourtant, quand elles ne tuent pas, les brûlures sont aussi à l’origine de nombreux handicaps : elles défigurent, elles invalident, elles empêchent de travailler, de poursuivre une vie normale. Près de 11 millions de personnes dans le monde ont été soignées pour brûlures en 2004, selon l’OMS. 95 % d’entre elles vivent dans des pays en développement.

Accidents autour des feux ouverts

Dans les pays développés, les brûlures sont le plus souvent des accidents de la vie domestique dus à l’inattention ou l’imprudence. C’est l’enfant qui renverse sur lui son bol de chocolat chaud, c’est l’adulte qui verse un verre d’alcool à brûler dans les braises du barbecue, c’est la personne âgée qui ferme mal sa bouillotte, c’est le fumeur qui s’endort au lit cigarette allumée. Dans les pays en voie de développement, beaucoup de familles n’ont pas accès à l’électricité et aux équipements domestiques : elles utilisent des feux ouverts pour la cuisine, le chauffage et l’éclairage. C’est autour de ces feux de bois, de ces réchauds au kérosène, de ces lampes à pétrole que surviennent les brûlures.

Absence de sécurité incendie

En Ethiopie par exemple, 80 % des accidents ont lieu à la maison. Ils touchent principalement les femmes et les enfants, brûlés par les flammes, par des liquides bouillants ou par des explosions de réchaud. L’exiguïté des habitats et leur surpopulation augmentent les risques. Dans les pays en voie de développement, où il existe peu de mesures de sécurité incendie, les hommes sont victimes d’agents chimiques et caustiques ou d’électrocution sur leur lieu de travail. Sept fois plus d’enfants meurent de brûlures que dans les pays développés.

Femmes défigurées à l’acide

Le feu n’est donc pas la seule cause de brûlure. Ces blessures peuvent aussi être provoquées par les liquides bouillants et la vapeur, par le contact direct avec un objet chaud, par une déflagration, une explosion, par électrocution, par des agents chimiques. Mais aussi par le contact avec le froid ou tout simplement par le soleil. Les brûlures révèlent aussi les violences faites aux enfants quand ils sont maltraités, et aux femmes, victimes de vengeances familiales : dans certains pays de l’Asie du Sud-est, des filles sont défigurées à l’acide. Elles en gardent des séquelles définitives et sont rejetées et ostracisées. La lutte contre les brûlures devient alors une cause des Droits de l’Homme.