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Soigner les brûlures, une médecine qui demande des moyens

De la réanimation aux soins les plus quotidiens, les grands brûlés ont besoin d’une prise en charge lourde. La recherche dans le traitement des brûlures innove pour les soigner et soulager leurs douleurs.

Un remède de grand-mère conseillait d’appliquer du beurre pour guérir une brûlure. Ce traitement, issu des croyances populaires, est à proscrire : il aggrave le traumatisme. Aujourd’hui, pour soigner les brûlures, la médecine a mis au point des soins autrement plus techniques et inventifs. Par exemple, en Israël, une équipe de l’université de Tel-Aviv a développé en 2016 une technologie pour contrôler la multiplication des cellules de collagène qui forment les cicatrices en envoyant des micro-impulsions électriques dans la zone de la brûlure. Cette innovation permettrait de réduire considérablement l’étendue des cicatrices produites lors de la guérison. Depuis début 2017 au Brésil, des médecins soignent des brûlés avec de la peau de tilapia, un poisson d’eau douce riche en collagène. Une technique moins chère que les pansements biologiques en peau de porc ou à base de membranes amniotiques humaines. Car la prise en charge des grands brûlés nécessite souvent des moyens humains et matériels importants et coûteux.

Les grands brûlés sensibles aux infections

A l’hôpital Saint-Louis de Paris, le Centre de traitement des grands brûlés est un lieu ultramoderne logé dans un bâtiment ouvert en juin 2012. Il est organisé selon un principe simple : concentrer dans la chambre des patients tous les services dont ils ont besoin : bloc opératoire, chirurgie, réanimation, balnéothérapie, infirmerie, examens, soins, lavements. Le but est de ne jamais déplacer les brûlés, très sensibles aux infections car leur peau, lésée, ne fait plus barrière aux contaminations. Ici, la température varie entre 30 et 38°C, le taux d’humidité est de 60%, pour éviter hypothermie et déshydratation des patients. Chaque chambre est équipée de deux sas : un sas propre entrant et un sas de décontamination des personnels et des matériels pour éviter toute circulation de germes. Dans ce lieu unique en France, les médecins pratiquent greffes de peau prélevées sur le patient ou sur un donneur, et culture de cellules d’épiderme pour produire une peau artificielle. A la fin de chaque hospitalisation, la chambre est nettoyée à coups de gaz mortel, toutes portes étanches fermées.

Le traitement par phagothérapie

L’hôpital militaire de Percy, à Clamart, a lui aussi son centre de traitement des grands brûlés. Les travaux d’un nouveau bâtiment qui ont débuté en octobre 2015, lui permettront d’accueillir plus de patients. Dans cet hôpital qui soigne les militaires revenus de théâtres de guerre, mais aussi les victimes de catastrophe, d’accident ou d’attentat, plusieurs essais thérapeuthiques sont tentés. Dans la lutte contre les infections qui assaillent les brûlés, le centre de traitement des brûlés a recours à la phagothérapie : on utilise des virus bactériophages pour détruire les bactéries qui infectent les malades au lieu d’utiliser des antibiotiques ou des antiseptiques auxquels les bactéries deviennent résistantes. Les compresses appliquées sur les brûlures des patients sont imbibées d’une solution diluée contenant ces virus. Les résultats sont prometteurs.